Si tu savais comme je t'aime...
Mardiseptavrildeuxmillevingt
Si tu savais comme je t'aime
vieux monde lépreux et borgne
des lambeaux de ton ciel tombent devant mes fenêtre
je les vois à moitié et de l'autre oeil je pleure
Si tu savais comme je t'aime
dans ta robe de printempslégère et vaporeuse
à la fois mure et verte
tu puises dans la terre de quoi grandir grandir
Si tu savais comme je t'aime
à te voir te débattre
soutenant ce qui flanche
protégeant l'essentiel
à inventer cette autre partie du réél
Si tu savais comme je t'aime
à te voir délester ce qui plombelaissant passer les freux pour mieux voir la colombe
à te voir le matin attendre la fin du sommeil
et sortir de ton lit comme on entre au jardin
Si tu savais comme je t'aime
toi qui meurs et qui trouille
pendant qu'un autre veille et police et patrouille
toi qui recroquevilles tes pétales tes branches
tes poumons et ton sexe jusqu'à ta poésie
Si tu savais comme je t'aime
pour ton harmonica soufflant au violoncellequelque rythme joyeux percuté de cymbales
Si tu savais comme je t'aime
vieux monde pourri en proie
aux princes aux barons aux trou-ducs
aux vicomtes pour enfants violés
Si tu savais comme je t'aime
de n'avoir pas fermé ma portelorsque tant d'hommes-chiens battus d'avance capitulent
Si tu savais comme je t'aime
pour le phénix de tes songes
qui réinvente le monde malgré les tyrannies
La mort se réinvente sans cesse pour freiner cet élan
face à la vie si pure si tenace si diamant
si tu savais comme je t'aime...

Très très beau celui-ci. Merci.
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