Le Bulot, le Diplodocus et la Mésange.

Mardivingtetunavrildeuxmillevingt
"Il est des intervalles dans le chant des grives, sur lesquels j'aimerais émigrer"
in De la marche - Henry-David Thoreau
Une mienne amie faisait il y a peu
L'éloge du Bulot et de sa carapace
Si fine et malgré tout suffisante à ce que
Ce mollusque traverse les millénaires, tenace
Réchauffement, typhons, ères glaciaires, humains
Météores, éruptions, prédateurs, marée noires
Le Bulot a tenu et sera là demain
Aux côtés des fourmis, scorpions et veuves noires
Quant au Diplodocus, cet imposant reptile
À l'abri du rapace par sa corpulence
Toisant mammifère, insecte et autre krill
Tutoyant au sommet la canopée, l'engeance
N'a pourtant pas passé la cap du crétacé
Il a dû s'effacer et sortir de la scène
Pendant que le Bulot, lui, réussissait
Comme il traversera, bientôt, l'Anthropocène
Et la Mésange alors ? Que vient-elle chanter
Dans ce décor de monstres et de coquillages ?
La Mésange est légère, élégante et rebelle
Sa liberté : précaire et ses vols sans bagage
La Mésange s'adapte et vole où le vent va
La Mésange a un nid mais pas de compte en banque
La Mésange ne sait si l'hiver est plus froid
Et se contente de chercher ce qui lui manque
Que feras-tu, Bulot, à la montée des flots ?
Et toi Diplodocus, quand viendra le virus ?
Sauras-tu, en Mésange, trouver ce qu'il te faut
Lorsqu'il n'y aura plus ni Chinois, ni Russes ?
Ô Mésange, ô Bulot, d'apparence fragile
Vous êtes les champions du monde de demain
Diplodocus, colosse éteint aux pieds d'argile
J'ai l'impression d'être ton lointain cousin...
Formidable, formidable
Tu étais formidable, j'étais fort minable
Nous étions formidables
Formidable
Tu étais formidable, j'étais fort minable
Nous étions formidables
Formidable - Stromae
Tu étais formidable, j'étais fort minable
Nous étions formidables
Formidable
Tu étais formidable, j'étais fort minable
Nous étions formidables
Formidable - Stromae

va lire ça, ton bulot m'y a fait penser.
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