La Septième Vague



Une légende court sur les mers ... La septième vague serait plus forte.

Si c'est le cas, nous sommes bien, pour l'instant, dans notre bateau; la tempête est presque gentille.

En attendant la troisième vague, nous pouvons donc très tranquillement aller travailler ou courir, chercher du pain ou se saluer.

Mais comment soufflera le vent, dans quelques mois ou dans un an ?

 La Septième Vague, vous y croyez ? Quel âge auras-tu mon enfant ?

Devrons nous détourner les yeux si nous croisons à cette époque un de nos semblables infectés ?

Ou simple probable porteur d'un virus qui aura muté, devenant Gorgone et capable de changer en pierre celui qui aura croisé son regard...

A l'heure des voeux insistants, parfois forcés ou hésitants, en ce début d'année on cherche à espérer du positif.

Et c'est humain, bien trop humain ! Plus l'avenir est incertain, plus on s'invente des jardins et des promenades au soleil.

Réussir un si grand écart n'est qu'une question d'entraînement. Nous pouvons très probablement encaisser progressivement, jusqu'à nous métamorphoser, devenir cloporte... ou phénix, pour résister à la pression, aux tsunamis, aux radiations.

Vague après vague nous voguons dans des eaux troubles et changeantes. Nous apprenons à mieux contraindre, à mieux empêcher et moins rire. Que serait l'espoir sans la peur? Il lui faut bien trouver l'engrais pour mieux développer ses branches.

Alors plus j'ai peur plus je laisse pousser sous mes doigts tous les mots qui disent surtout mes faiblesses derrière l'espoir clamé si haut.

Et puis tant pis : Merde au futur, puisqu'il ne nous dit rien de sûr. Il nous faudra être, au présent, capable de joie et d'amour. Accepter de prendre le risque de toucher son propre enfant, continuer de dire bonjour malgré le masque ou l'hygiaphone, inventer la contre-culture, redessiner les oeuvres d'art, écrire à nouveau des chefs-d'oeuvres contre les lois et les juges, laisser partir le coeur léger ceux qui s'en vont vers l'inconnu et célébrer ceux qui arrivent pour rénover le monde ancien, faire l'amour jusqu'à saigner et plonger tes yeux dans les miens, regarder les jeux de l'iris lorsqu'il s'ouvre ou bien se replie; tiens: apprivoiser une abeille, cueillir un baiser de grand chemin, réouvrir les observatoires, pour coucher à la belle étoile, avec les poumons retroussés pour respirer encore plus fort... se diluer dans le sommeil après l'orgasme d'un chant d'oiseau... Phénix après la pluie de cendres, chêne à la souplesse de roseau ! 

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Bonne année, je ne sais pas encore . Mais bonne journée, j'y crois très fort !

Plus léger et plus profond à la fois :  Love is the Seventh Wave - Sting

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