Casablanca
Dimanchetroismaideuxmillevingt
Samedi 3 mai 1952 . Casablanca. Le jour se lève à peine, mais le sait-il déjà ? Il enfanta Raymond.
Here's looking at you, Dad.
Raymond est mort bien sûr. Voilà bientôt 10 ans.
Raymond est bien vivant, pourtant, comme tant de morts.
Vivant car prolongé, dans la chair de ses filles, de son fils, de leur suite...
Vivant car ayant respiré cet air que l'on respire, encore, depuis la nuit des temps, qui se recycle et nous recycle.
Vivant dans notre tête, nos mémoires et nos coeurs.
Tout cela est banal, et c'est bien le sujet.
Toi aussi tu mourras. Toi aussi tu vivras, ayant participé; qui laissant un enfant, une parole, un bouquin, qui une progéniture, qui une discrète contribution à ce qui fut son temps.
Colibri, météore,
Larve ou pin parasol
Et toute métaphore
Proche ou bien loin du sol
Toi aussi tu vécus,
Aussi tu passeras,
Toi aussi tu mourras,
Et que laisseras-tu ?
Et qu'est-ce qu'on doit faire avec ça?
La Mort des autres qui nous traverse,
La Mort des autres avant la nôtre
La Mort n'existerait même pas sans les Vivants
Si le dernier Vivant vient à mourir un jour,
C'est la mort de la Mort, qui mourra à son tour.
En attendant : Vivons !
C'est le meilleur détour
Et nous célèbrerons jusqu'au dernier des jours
Célébrons les Vivants,
Célébrons les Défunts,
Réjouissons nous du vent, qui lui, n'a pas de fin,
Célébrons nos belles morts,
Jouissons de l'étincelle
Qui anime nos corps juste entre mer et ciel !
Et nous mourrons plus tard
Enfin, bien assez tôt
Quand le désir Blafard aura quitté nos os...
Samedi 3 mai 1952 . Casablanca. Le jour se lève à peine, mais le sait-il déjà ? Il enfanta Raymond.
Here's looking at you, Dad.
Raymond est mort bien sûr. Voilà bientôt 10 ans.
Raymond est bien vivant, pourtant, comme tant de morts.
Vivant car prolongé, dans la chair de ses filles, de son fils, de leur suite...
Vivant car ayant respiré cet air que l'on respire, encore, depuis la nuit des temps, qui se recycle et nous recycle.
Vivant dans notre tête, nos mémoires et nos coeurs.
Tout cela est banal, et c'est bien le sujet.
Toi aussi tu mourras. Toi aussi tu vivras, ayant participé; qui laissant un enfant, une parole, un bouquin, qui une progéniture, qui une discrète contribution à ce qui fut son temps.
Colibri, météore,
Larve ou pin parasol
Et toute métaphore
Proche ou bien loin du sol
Toi aussi tu vécus,
Aussi tu passeras,
Toi aussi tu mourras,
Et que laisseras-tu ?
Et qu'est-ce qu'on doit faire avec ça?
La Mort des autres qui nous traverse,
La Mort des autres avant la nôtre
La Mort n'existerait même pas sans les Vivants
Si le dernier Vivant vient à mourir un jour,
C'est la mort de la Mort, qui mourra à son tour.
En attendant : Vivons !
C'est le meilleur détour
Et nous célèbrerons jusqu'au dernier des jours
Célébrons les Vivants,
Célébrons les Défunts,
Réjouissons nous du vent, qui lui, n'a pas de fin,
Célébrons nos belles morts,
Jouissons de l'étincelle
Qui anime nos corps juste entre mer et ciel !
Et nous mourrons plus tard
Enfin, bien assez tôt
Quand le désir Blafard aura quitté nos os...
Depuis Casablanca jusqu'à Casablanca,
À chaque fois que ça va pas,
Quand j'ai besoin de faire le vide
Quand je me sens un peu Ingrid
J'entends la voix de Ray, mon père, mon frère, mon guide
"Here's looking at you kid"
Quelle que soit l'embarras,
Quand je ne comprends pas
Quand je voudrais que les choses soient différentes
c'est son gentil fantôme qui revient et me hante
Avec sa chansonnette écrite en gouttelettes
Qui énerve certaines et amuse certains
"Tout est si simple et va très bien"
Il est mort et il est vivant
Et après tout, quoi qu'on en dise,
La tragédie n'est pas de mise
Nous nous trouverons en nous perdant
Nous traversons, de peur en joie,
La Vie comme on traverse un bois:
La nuit les ombres nous effraient
Le jour l'ombre apporte du frais
Ce sont pourtant les mêmes arbres
Tour à tour joyeux ou macabres !
Depuis la terre un peu malade,
Tour à tour joyeux ou maussade,
Un grand merci pour tes balades,
Here's looking at you, Dad !
Et parce qu'il y avait aussi des vrais morceaux d'Higelin dans Raymond ...
Je suis mort, qui, qui dit mieux - Jacques Higelin




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